lundi 3 mars 2014

S comme Sécurité ou Sûreté



S comme Sécurité Sureté  comme  Société, lieu d’interactions sociales complexes et de conflits
S comme Sottise quand les Hommes se dénoncent par pure cupidité, par avidité et par peur de l’autre
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Avant de vous exposer l’analyse que nous avons de l’insécurité ou du sentiment d’insécurité, de sa genèse et des réponses globales  que nous souhaitons apporter. Il est utile de dire deux mots sur la course que se livrent les autres listes sur ce sujet déterminant au regard de la situation économique et sociale à laquelle nous sommes confrontés.

Nous y sommes -il fallait s'y attendre- Cognac c’est Chicago, donc  Big Brother va nous guetter : voisins, citoyens vigilants, ou vidéo surveillance. Pendant que les têtes de liste concurrentes à la nôtre, arguent  que l’insécurité n’est pas un tabou et qu’il faut en parler, ils ne traitent pas les véritables causes de la délinquance. C’est en fait, une diversion pour éluder   les véritables problèmes.

Ces propositions qui ne distinguent pas une liste d’une autres et qui interrogent sur l’idée qu’ils ont du vivre ensemble, sont en l’espèce inappropriées, voir coûteuse pour notre commune. Elles ont pour seul but de satisfaire un certain électorat, rien de plus, car d’autres solutions sont possibles. Elles relèvent d’une méconnaissance totale des situations qui conduisent des personnes à commettre des actes délictueux et ne sont certainement pas la solution. Elles sont la  traduction d’un profond mépris  du droit fondamental à la vie privée et représentent une véritable menace pour la liberté.


En ce qui concerne plus particulièrement la vidéo surveillance, ce dispositif est au diapason des intérêts de l’oligarchie et des grands groupes positionnés sur ce juteux marché (Veolia et Vinci notamment). La vidéo surveillance peut avoir une efficacité relative. C’est le cas par exemple en milieu fermé (entrepôts banque, etc.) On doit admettre les limites de la VS en milieu ouvert et sa généralisation dans l’espace public. Une caméra n’a jamais rien empêché, au mieux elle conduit à déplacer géographiquement la délinquance. Plus sûrement encore, elle ne fait qu’escamoter la question centrale : la présence et donc diminution des moyens humains du ministère de l’intérieur.

Voilà la société qu’ils proposent de construire : une communauté d’individus épiés, suspicieux et qui se surveillent dans  un climat délétère encouragé.
Comment dès lors cimenter cette dernière et établir une relation de confiance, mais aussi  favoriser le respect, la tolérance si nécessaire à la cohésion sociale ? Cela nous rappelle des heures sombres de notre histoire.    

La diversité des motifs d’inquiétudes est importante depuis plusieurs années. Ces inquiétudes, quelle qu’en soit la nature, concourent à un sentiment d’insécurité qui va grandissant. 

Ce besoin de sécurité se traduit dans tous les aspects du quotidien. Cette notion est donc omniprésente dans les préoccupations des citoyens Il prend différents visages qui ne relèvent pas du même ordre :
- sécurité de l’intérieur par rapport au terrorisme
- sécurité des libertés individuelles…
- sécurité nationale
- sécurité sociale (chômage, santé…)
- sécurité aérienne
- sécurité routière
- sécurité alimentaire
- sécurité identitaire, etc.

L’insécurité est donc devenue une menace existentielle !!!!! 


Or, ce sentiment diffus d'insécurité, amplifié par le système médiatique, trouve bien souvent son origine dans un mal être social. Mais cette cause sociale n'est jamais avancée car ce sentiment d'insécurité sert l'intérêt des dominants.

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Les médias, à grand renfort de « maux » et de reportages ciblés, mettent en exergue, sur « commande », des faits de violences physiques sur les personnes et d’agressions sur les biens. 
Nous passons, nous, spectateurs, aux heures de grande écoute, d’un cataclysme à une guerre, à un vol avec violence, ou non.

Ces faits relatés avec force commentaires, sont traités en boucle en 30 secondes, ils accusent bien souvent  ceux qui n’en sont que les instruments et exécutants. 

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Aucune analyse n’en est faite, le contexte n’est pas expliqué, les journalistes laissent entendre, sans le dire vraiment que nous sommes tous concernés, que ça peut nous arriver. Il est alors facile de faire accepter qu’une réponse sécuritaire soit la seule possible et d’en faire l’apologie.

A contrario, le temps télévisuel développe beaucoup trop rarement des situations de courage, d’empathie et de solidarité qui se déroulent à travers le monde, à chaque minute qui passent.

Ces situations ne font pas l’objet d’un vrai traitement télévisuel, alors qu’il suffirait de changer de contenu programmatique, pour montrer que le monde n’est pas que violence et qu’il est aussi fait de bonheur, de plénitude, d’espérance, de paix et de fraternité. Prenons le pari que si ces fait étaient relatés à proportion réelle, ils couvriraient plus de 90 % du temps d’antenne.

L’angoisse que les faits violents développent est donc alimentée par des séquences à répétitions. On nous montre, alors, que des solutions sont susceptibles d'endiguer cette insécurité et qu’elles passent entre autre par la répression, la vidéo surveillance, les citoyens vigilants, l’armement de la Police Municipale, etc...

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L'objet de ces propos n’est pas de nier ces violences. Il a aussi  pour objectif de rappeler que d’autres violences sociales sourdes sont faites quotidiennement aux hommes et aux femmes, à notre planète, et que ces dernières sont destructrices de notre environnement ainsi que du lien social et occasionnent mille fois plus de dégâts sociaux et d’insécurité.

Notre engagement en politique est d'expliquer qu'une lecture différente  des faits et des réponses à mettre en œuvre est possible et que des solutions ne relevant pas de la simple réponse sécuritaire sont envisageables.

Dès lors, nous devons nous interroger sur ce qui nous permet, dans la diversité, de faire société. Pour nous, militants de gauche, c’est la nature et le contenu du contrat social qui nous est proposé.  Mais celui-ci doit être clairement énoncé et égalitaire dans sa déclinaison.

Pour nous, en opposition au discours lénifiant, caustique et démagogique, il suffit de réaffirmer la primauté d’un projet politique où l’humain est au centre de nos préoccupations : c’est ce qui guide notre engagement politique.

Ce postulat alimente notre combat politique de tous les instants pour construire et proposer une société plus solidaire, donc plus « sociabilisée » qui inévitablement débouche sur une société plus sécuritaire.

En effet, nous affirmons que l’ordre social est bouleversé, compromis quand le pacte social est rompu. Il l’est quand son socle n’est pas l’intérêt général, mais l’intérêt d’une classe dominante, qui s’accapare les richesses avec un appétit sans fin, qui crée de la pauvreté, de la précarité. C’est cela qui est source d’insécurité. 

Nous devons donc combattre cette inégalité en priorité et non seulement ses conséquences, comme c’est malheureusement toujours le cas.

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Si notre monde était plus juste, si les libertés publiques n’étaient pas bafouées et si les préceptes de notre République étaient mis en œuvre : Liberté – Égalité – Fraternité, alors la préoccupation de sécurité et le sentiment d'insécurité qui en découlent seraient en partie résolues.

Face aux inégalités grandissantes, à la justice de classe mise en œuvre, à l’opinion anesthésiée par un discours et des solutions qui confortent le Capital et la finance, cela ne peut que produire de la violence, sous toutes les formes et créer de l’insécurité.

C’est donc le fruit de ce choix de société qui va conduire à une expression sécuritaire du politique, puis des citoyens, pour combattre l’insécurité qu’elle produit.

Nous avons, nous, une tout autre réponse qui est de s’attaquer aux causes réelles de cette situation  et pas seulement aux faits divers si insupportable qu’ils soient. Ceux-ci font les choux gras de la presse et satisfont les puissants, car  ils éloignent les citoyens des préoccupations qui pourraient conduire à vouloir remettre en cause le système qui crée cette insécurité.


En combattant l’austérité, la précarité, en donnant les moyens aux plus faibles d’entre nous de pouvoir vivre par le partage, au-delà de la solidarité, nous lutterons, à tous les niveaux, contre l’insécurité sociale, qui est  liée à la pauvreté.

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C’est en mettant en place une Police Municipale de proximité, d’écoute, qui aura pour mission la formation et la prévention, que nous lutterons efficacement contre ce sentiment qui ronge et paralyse notre société et gangrène nos villes et nos campagnes.  

Elle aura pour fonction de se consacrer au vivre ensemble dans le cadre d’un îlotage effectif, par quartier et nous y mettrons des moyens et entre autre un véritable « hôtel de police municipale ».

Nous réaffirmerons que la Police Municipale, au travers de son rôle de médiation, continuera à travailler avec la Police d’État à qui revient la répression.

La Police Municipale, bien souvent dénommée la Police du Maire, doit être avant tout la police au servicedes citoyens en étant au plus près de leurs préoccupations, en construisant une relation de confiance réciproque pour encourager la tolérance et la solidarité de voisinage qui débouche sur le respect de la différence, facteur important de lien social et de sécurité.

C’est cette police que nous voulons !



Une citation pour terminer : « Notre liberté est menacée par le besoin de sécurité et la sécurité elle-même est menacée par le souci obsédant qu’on en a »     Norbert BENSAIB
Résistons par les actes