lundi 15 septembre 2014

Non à l’engrenage vers une troisième guerre d’Irak (Lundi 15 Septembre 2014 )


L’onde de choc des interventions occidentales au Moyen Orient n’en finit plus de dérouler ses conséquences. Le fanatisme religieux produit toujours plus de fanatisme jour après jour : hier Al-Quaïda, aujourd’hui Daesh avec l’horreur des égorgements de journalistes otages et la volonté d’extermination des populations appartenant aux minorités non sunnites. En annonçant vouloir instaurer un état islamique abolissant les frontières découpées en fonction des intérêts coloniaux de la France et de la Grande-Bretagne à l’issue de la 1ère guerre mondiale, Daesh remet en cause les états existants et menace la sécurité de toutes les populations de ces pays.
Mais la pire réponse à cette situation serait de recommencer une intervention occidentale sous direction des Etats-Unis et en fonction de leurs intérêts géo-stratégiques : le pyromane ne peut pas jouer au pompier. Les guerres d’Irak, adossées à la théorie du choc des civilisations, ont amené le démembrement de l’état irakien, relancé les conflits communautaires et religieux, renforcé l’intégrisme. Il faut en finir avec les décisions extérieures prises sans tenir compte des populations. Il faut en finir avec l’hypocrisie qui consiste à soutenir et entrenir des liens étroits avec les états les plus rétrogrades comme l’Arabie Saoudite et le Quatar qui ont encouragé la montée de groupes sunnites extrémistes dans leur stratégie de confrontation régionale avec l’Iran et qui voit aujourd’hui avec effroi leur créature leur échapper et en capacité de se retourner contre leur pouvoir.
Aujourd’hui l’Irak a un gouvernement de coalition approuvé par son parlement. C’est à lui de saisir l’ONU. La France doit appuyer toute solution qui entrerait dans ce cadre au lieu de se précipiter, une fois de plus sans débat au Parlement, dans le suivisme de la politique américaine dont les résultats à moyen terme ont pourtant toujours été désastreux dans cette région du monde et dont l’engrenage peut amener à une troisième guerre d’Irak.

Martine Billard