Autrefois, il n’y a pas si longtemps, le débat
budgétaire était le plus important d’une année parlementaire. Chacun, avec des jouteurs reconnus, se faisait fort
d’y incarner le clivage gauche-droite. C’en est devenu la négation. Il s’est
même trouvé des députés « de gauche », enfin du P « S »,
pour réclamer une ponction supplémentaire sur la consommation populaire à
travers une hausse record de la TVA. A croire qu’ils préfèrent les satisfecit
de la Commission européenne à ceux de leurs mandants. Sinon ils auraient
applaudi la proposition de Sarkozy qui n’allait pas jusque-là. Seul Valls
l’avait alors fait. Reconnaissons-lui le mérite de la continuité, en pire. Les
autres avaient rebaptisé anti-sociale cette TVA pour mieux prendre le
contre-pied de Sarkozy. Il ne fallait pas tout brouiller. Autrefois.
Le détail du budget Valls sera connu avec le Conseil
des ministres de mercredi. Mais l’essentiel est déjà fixé. Il s’agit de
l’argent pris au peuple au nom de la dette. Les 50 milliards d’ici 2017 claironnés par Hollande
aux oreilles du Medef. Pour 2015, ce sont 21 milliards pour commencer :
7,3 dans les caisses de l’Etat, 3,7 dans celles des collectivités locales, 10
milliards dans la sécu. Tout en découle. C’est-à-dire des mesures d’austérité
dont la seule justification est cette absurde règle comptable. La discussion
porte sur la technique. L’impôt devient un auxiliaire de la rente : il est
là pour faire rentrer l’argent qu’elle prélève. Passionnante discussion, à
laquelle nous ne sacrifierons pas.

